Rein Dufait | Malkolos (FR)

L’art se découvre aussi en dehors des murs du musée.

Près de l’entrée latérale du café du S.M.A.K., se trouve une nouvelle oeuvre de Rein Dufait: Malkolos, une sculpture in situ.

A propos de l’artiste

L’oeuvre de Dufait (°1990) tourne autour de l’opposition nature-culture qu’il veut abolir. Le processus de création et de croissance est un processus élémentaire et nécessaire pour arriver à une oeuvre (une idée). Le travail reste visible, de sorte que les oeuvres sont insufflées et que la respiration a le champ libre, il amène l’oeuvre du créateur vers le spectateur et il transforme une oeuvre en une chose vivante.

Tout comme le temps est visible dans la nature, il l’est aussi dans cette oeuvre. Les créations sont délicates et légères, bien que les matériaux soient lourds et pesants. L’artiste a le talent pour couler de la gaieté – mieux : de la joie – dans les formes. Une volonté de vivre et une joie de vivre. Cee qui fait que les oeuvres ne sont pas statiques, mais elles sont rendues vivantes par le processus du travail et la parenté avec des formes naturelles. L’artiste crée à côté et dans la nature un monde où les objets demandent à être transformés précisément de cette manière. Make ik new. Ce qui n’existait pas devient évident après l’avoir montré.

A propos de la sculpture

Malkolos, in situ S.M.A.K. Gand, 2016
(hauteur 4 mètres, diamètre 45 cm, ciment, corde et boîtes en carton, fixées avec des barres en fer)

Des boîtes en carton avec mortier, les boîtes sont attachées à l’aide d’une corde, les boîtes sont empilées les unes sur les autres. La première, remplie de mortier, forme le socle sur le sol. Une deuxième est posée dessus, elle est ouverte du côté inférieur et une moitié glisse au-dessus de la boîte du dessous. Du mortier y est aussi versé. Les boîtes sont empilées une par une et remplies de mortier. Chaque boîte forme un socle pour la boîte suivante. Le carton forme un moule, une main ouverte pour le mortier, le mortier est un élément de surface et de croissance.

Etant donné que le mortier doit durcir avant d’ajouter une couche supplémentaire, le processus est lent et c’est une offre faite à la nature. L’oeuvre se construit d’elle-même, elle se constitue en couches comme les anneaux d’un arbre et est déjà livrée aux éléments pendant le processus de création.

L’oeuvre est fragile, malgré le mortier transformé en pierre. Une proximité quasiment intouchable qui demande à être touchée; une fragilité dans la brutalité. L’image se comporte par rapport à d’autres formes, non pas en concurrence, mais comme une forme culturelle à côté d’autres artefacts et formes naturelles. Nous voyons un moule qui se transforme en vie.

Le ciment (la terre, le sol) et l’eau (la mer, la pluie) forment le mortier. L’oxygène (l’air) se charge de la conjonction. Même durcie, cette image reste un produit naturel. La pluie amène des organismes, le vent sème de la mousse, les feuilles forment de l’humus. Lorsque son créateur a disparu, la sculpture continue à croître comme une chose parmi d’autres choses. Comme la branche d’un arbre montre et représente la croissance, le carton resté visible est aussi un élément structurant et fragile. La vulnérabilité appartient à la vie. Des traces montrent la vie.

La sculpture vivra. Le matériau mort alimentera l’environnement. Les oiseaux utiliseront l’artefact comme abreuvoir. Les feuilles des arbres se nicheront dans la sculpture. Le soleil brûlera et assèchera certaines parties. Des fissures se transformeront en trous pour insectes. Ce que la nature nous donne est offert en retour.

Edition

Chaque année, les VAmis du S.M.A.K. invitent quelques artistes à créer une édition. A l’achat d’une édition, vous devenez automatiquement un Ami et vous participez à l’extension du musée et de sa collection. Rein Dufait a également fait une édition spéciale pour les Amis.