Zvi Goldstein .Distance and Differences

25.06 jusqu'à 23.10.2016

Pendant les années 70, Goldstein travaille comme artiste conceptuel en Europe de l’ouest. Il explore surtout à l’aide du texte, de la photographie, du son et du film tant des questions autour de la perception que des sujets sociaux, politiques, économiques et théoriques. Pendant ces années, son mécontentement croît de plus en plus autour de l’état de l’art moderniste tardif et des développements postmodernistes. Dans le contexte de sa migration personnelle, il aiguise pendant la même période sa compréhension des défis postcoloniaux. En 1978, Goldstein décide de déménager au Moyen-Orient et choisit Jérusalem comme habitat géographique et conceptuel. Il considère cette ville comme un endroit entre le centre et la périphérie, à l’extérieur, mais aussi en contact avec la culture occidentale dominante.

En même temps que ce déménagement, Goldstein revoit les médias de son œuvre. Il se concentre sur des sculptures ayant trait à des objets et des pamphlets et prend le constructivisme russe comme précurseur lié au fait que c’était le premier courant non occidental qui a influencé l’art moderne. Pendant les années 80 et 90, Goldstein crée une œuvre par laquelle il ancre la production d’art contemporain dans des contextes non occidentaux et des traditions pré-modernes. Il développe son approche à partir de différentes perspectives, telles que la climatologie, la botanique, l’ethnographie, l’eschatologie et l’anomalie. En outre, Goldstein élargit sa pratique à travers des voyages vers des communautés et sociétés hermétiques (surtout en Afrique et en Asie), touchées seulement de manière périphérique à l’époque par la modernité. Des représentations non linéaires, non hiérarchiques et hybrides, réparties en six séries d’œuvres définies au préalable, constituent le cœur de sa méthode.

L’exposition au S.M.A.K. proposera une réflexion sur la méthode de Goldstein comme modèle artistique unique dans lequel le Moyen-Orient de manière générale, et Jérusalem en particulier, sont intégrés comme source pour une nouvelle esthétique au sein du champ artistique mondial mais toujours surtout occidental. Le modèle artistique de Goldstein s’efforce de réduire la présence de la main de l’artiste dans les œuvres. Ses œuvres sont immaculées et irréprochables, incontestablement le produit d’un processus technologique. Elles se positionnent par rapport au lien entre la périphérie et l’exotique, le manuel, l’immédiat, le gestuel etc. et transforment l’esthétique en un instrument politique afin de changer les conceptions générales des artefacts culturels périphériques. Le modèle de Goldstein inverse l’image qui distingue entre des lieux qui sont le produit de la révolution industrielle et des endroits où les produits sont fabriqués à la main. Et cela, comme une tentative de promouvoir une transformation cognitive de la vision occidentale par rapport à la culture du Moyen-Orient.

Tout en proposant un autre regard sur l’art dans des régions périphériques, l’exposition de Goldstein au S.M.A.K. va mettre en exergue le caractère hybride du monde, sa structure décentralisée, sa logique non linéaire. Dans l’univers de Goldstein, des catégories modernistes, telles que la rêverie et la théorie, l’information et l’esthétique, le contexte et la présence ne sont plus des contradictions. Le modèle de Goldstein pour le contemporain n’embrasse pas l’idée du ‘ici et maintenant’. Au lieu de cela, il crée constamment des glissements et des sauts entre différents lieux et moments et il crée tout le temps des distances et des différences qui changent ‘ici’ en ‘là’, et ‘maintenant’ en un mystère. Suite à cela, l’exposition de Goldstein au S.M.A.K. suggérera une image d’une culture étrangère – à distance mais à jour, réaliste mais intangible.

Curateur : Ory Dessau

Avec le support de Artis Grant Program

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