Paul Hendrikse .A Vague Uneasiness

31.10 jusqu'à 30.01.2011

Pour A Vague Uneasiness, son point de départ est l’héritage du poète camerounais Louis-Marie Pouka-M’Bague. Le personnage de Pouka guide l’artiste dans le Cameroun de la première moitié du vingtième siècle, une période teintée par la culture du colonisateur français. Une fiction construite et une histoire trouble se tissent ainsi jusqu’à devenir une réalité parallèle.

Louis-Marie Pouka-M’Bague (1910 – date de décès inconnue) a plaidé pour l’assimilation de son peuple dans la culture du colonisateur français. Convaincu de la supériorité de la culture et du style de vie français, il s’est établi en France dans les années 1940. La société française ne répondit toutefois pas totalement à ses idéaux et dans les années 1950, il retourna au Cameroun, désillusionné. Ses poèmes, qui jusque-là se voulaient une ode à la culture et l’idéologie françaises, devinrent alors caractérisés par un ‘vague malaise’ et un style d’écriture tâtonnant. Hendrikse a produit pour le S.M.A.K. une série d’œuvres nouvelles (une installation de diapositives, une intervention architecturale et des photos d'archives provenant entre autres de la Société Coloniale Allemande, bibliothèque universitaire de Francfort) dans lesquelles il engage le dialogue avec la vie et l’œuvre du poète camerounais. Le travail de Hendrikse naît souvent d’une fascination pour une personne qui occupe une place spéculative ou ‘surdéterminée’ dans l’Histoire. Cette personne fait figure de guide et incite Hendrikse à entreprendre un voyage ou à susciter activement une expérience. Ses projets sont généralement le fruit d’une vaste recherche et d’intensives collaborations artistiques avec des photographes, des écrivains, des acteurs, des philosophes… The Last Acquisition (2007) se base sur l’héritage de Lode Craeybeckx (1897-1976), bourgmestre socialiste et fondateur du Musée Middelheim d’Anvers. Dans cette performance, l’artiste considère la collection du Middelheim comme une seule œuvre.

L’installation faisait partie d’une chaîne d’œuvres en dialogue sur la fermeture fictive du musée au début des années 1990. La série s’est clôturée par l’œuvre audio Middelheim, The Interviews (2008), produite pour la radio autrichienne ORF Kunstradio. Hendrikse construit ici une fiction si proche de la réalité qu’elle devient une réalité parallèle. Dans Hauntology of Smoke and Ochre (2009/2010) également, née d’une exposition, d’un livre et d’une performance, des fictions sont greffées sur une réalité assez incertaine en soi. Le point de départ de ce projet était la vie de l’écrivaine sud-africaine Ingrid Jonker (1933-1965) et la manière dont elle a été tournée en mythe après sa mort. Hendrikse ne met pas ici l’analyse au centre de son propos, mais utilise le caractère politisé et fortement médiatisé de Jonker comme support d’une étude sur les relations entre l’Histoire, la biographie et la mythologie. Hendrikse est surtout intéressé par la valeur symbolique de Jonker et la manière dont son histoire a été construite, et continue à l’être dans le contexte de l’édification d’une nation sud-africaine. Le livre Inventory of Possible Narrations sera présenté à l’occasion de l’exposition au S.M.A.K. Hendrikse a demandé à quatre écrivains sud-africains et un néerlandais d’écrire un texte de fiction à partir de la biographie de Jonker. Il leur a remis une série de photos d’intérieurs et de lieux où Jonker a vécu ou sur lesquels elle a écrit. L’auteur pouvait alors utiliser ces images comme ‘décor’ de son histoire ou y puiser des informations sur son personnage. Avec notamment des textes d’Ingrid Winterbach, Mark Behr et Michiel Heyns. Inventory of Possible Narrations Paul Hendrikse, Inventory of Possible Narrations, Onomatopee #42 (2010), ISBN 978-90-78454-48-9. En vente à la librairie du S.M.A.K. Présentation du livre: janvier 2011 (date à déterminer)

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