À l'occasion du finissage de son exposition « Bow Echo », l'artiste Aziz Hazara se rendra au S.M.A.K. pour parler de cette pièce de collection unique.
Dans la première partie du programme, l'artiste afghan s'entretiendra avec Thibaut Verhoeven, expert de la collection du S.M.A.K., sur la genèse de Bow Echo et le contexte dans lequel l'œuvre a vu le jour. Ensuite, il donnera une courte conférence sur son projet futur Coming Home, à découvrir cet automne au SculptureCenter de New York.
Dans Coming Home, Aziz Hazara exprime une subtile critique à l'égard de l'occupation de l'Afghanistan par l'OTAN, sous la conduite des États-Unis, de 2001 à 2021. Durant cette période, l'armée américaine a construit une sorte d'enclave de banlieue, avec des chaînes de restauration rapide, des centres de loisirs, etc., autour de l'aéroport de Bagram, près de Kaboul. À travers ce projet, Hazara récupère les restes de matériaux abandonnés sur place après le retrait abrupt de l'armée américaine, et les expose à nouveau dans le pays d'origine.Aziz Hazara (né en 1992 à Wardak, Afghanistan) vit et travaille à Kaboul et Berlin. À travers la photographie, la vidéo, le son, le texte, le langage de programmation et les installations, l'artiste explore des thèmes tels que l'identité, la mémoire, l'archive, le conflit, l'occupation et la migration. Il ne le fait pas unilatéralement d'un point de vue afghan, mais s'inscrit dans une perspective géopolitique plus large.
L'installation vidéo Bow Echo (2019) montre cinq jeunes garçons afghans bravant un vent violent pendant qu'ils escaladent un grand rocher. Une fois au sommet du rocher, ils jouent du kazoo, un instrument à vent simple au son nasal. Le contraste entre les conditions météorologiques rudes sur le haut plateau autour de Kaboul et le son grêle du kazoo constitue une métaphore poétique de la résistance de la population face à la guerre en Afghanistan.