Ana Lupas & S P A T A R U | On Ritual Time

10.Oct.26
21.Fév.27
Studio view, Ana Lupas, Prapori 1961–1964 (Funeral Flags)
Studio view, Ana Lupas, Prapori 1961–1964 (Funeral Flags) © Photo: Carlo Favero

L’exposition 'On Ritual Time' revient sur sept décennies de création d’Ana Lupas, pionnière de l’art contemporain est-européen, et des œuvres de l’artiste S P A T A R U.

L’œuvre protéiforme d’Ana Lupas (née en 1940 à Cluj, en Roumanie) prend naissance dans ses premières œuvres textiles, qui associent un langage visuel expérimental à des techniques telles que le tissage, la couture et le nouage. Cet intérêt pour les pratiques traditionnelles s’inscrit plus largement dans sa préoccupation pour les savoirs ancestraux, les rituels et les traditions spirituelles, qu’elle explore entre les années 1960 et 1990 à travers des projets monumentaux, souvent réalisés en dehors des cadres institutionnels et en collaboration avec des communautés locales. Ces projets sont considérés comme des formes pionnières de pratique artistique sociale.

Ana Lupas, Humid Installation, 1970. Outside installation in Mărgău

Bien que le travail de Lupas présente des affinités avec les mouvements néo-avant-gardistes tels que l’art textile expérimental (Fiber Art), les actions, l’art conceptuel et le Land Art, il reste profondément enraciné dans le contexte culturel et historique de son pays. Une grande partie de son œuvre se développe en outre dans dans un contexte marqué par les tensions et les contraintes idéologiques du régime communiste. Dans ces conditions, les questions de liberté artistique, d’identité et de transformation sociale revêtent une importance particulière.

Une exposition comme un geste rituel

Le temps et la mémoire constituent des éléments fondamentaux de son œuvre : certaines pièces se déploient sur de longues périodes ou sont réinventées au gré des évolutions sociales et politiques. On Ritual Time met en relation ces mouvements cycliques avec le rythme de la vie de Lupas elle-même. Des œuvres existantes, dont certaines rarement présentées, acquièrent une nouvelle cohérence à travers ses réflexions croissantes sur la mort et la postérité. L’œuvre du sculpteur, peintre, dessinateur et professeur S P A T A R U (Mircea Spataru, 1937–2011), avec qui Lupas entretenait un dialogue personnel et artistique, croise à plusieurs reprises ces préoccupations profondes. Cette exposition est ainsi non seulement une présentation historique mais peut elle-même être envisagée comme un geste rituel.

Publication

L’exposition est accompagnée de la première monographie consacrée à l’œuvre d’Ana Lupas, avec des contributions de Tanja Boon, Leontine Coelewij, Marina Lupas, Letizia Ragaglia, Ramona Novicov, Christian Rattemeyer et Mechtild Widrich. La publication paraît aux éditions du Stedelijk Museum Amsterdam, du Kunstmuseum Liechtenstein, Vaduz, et de S.M.A.K.

made by