In the Spotlight: Plutôt sorcière ?!

jusqu'au 3.Mai.26
Liever heks shift 02 003

À l'occasion des '10 ans de S.M.A.K. Bouge', nous donnons la parole à différents partenaires. Ils y présentent leurs travaux, organisent des activités of utilisent le musée comme lieu de travail temporaire.

Plutôt lesbienne ?! Plutôt queer ?! Plutôt sorcière ?! Avec Shif—t*, nous revendiquons ces questions comme point de départ d'une recherche sur la sorcière en tant que champ de bataille historique et actuel. Point de passé poussiéreux ici, mais un foyer où convergent mécanismes de contrôle et résistance. La chasse aux sorcières était un outil pour discipliner les corps, la sexualité et le travail. Cette lutte n'est pas terminée ; elle résonne encore aujourd'hui dans la pression exercée sur les droits reproductifs et l'exploitation des groupes marginalisés.

Dans les archives du Fonds Suzan Daniel et de l'Amsab-ISG, nous avons trouvé les traces du collectif lesbien-gauchiste gantois Liever Heks (Plutôt Sorcière), qui a brisé le silence en 1978 avec son journal Heksenvoer (Pâtée de sorcière). Nous reconnaissons leur colère et leur refus de se plier au « mythe hétéro », tout en portant un regard critique sur les points de friction de leur discours actuel. Pour elles, la sorcellerie incarnait le mécontentement des opprimées : une révolte contre une culture patriarcale.

Dans la collection du S.M.A.K., nous nous heurtons à un silence représentatif de nombreuses institutions : historiquement, seules 16,5 % des œuvres acquises ont été réalisées par des femmes. Les voix queer y sont presque impossibles à tracer ; elles sont restées sous le radar d'une société qui, pendant des décennies, s'est basée sur une norme hétéronormative. Ce vide narratif n'est pas la preuve de leur absence, mais d'une exclusion active de l'historiographie. Shif—t revendique l'espace nécessaire pour rendre enfin visibles ces marges de l'histoire.

Lors de trois activations les 4, 18 et 30 avril, nous transformons les archives en un processus public. Nous vous invitons à partager vos propres récits et documents aux côtés des pièces d'archives. À travers des actions collectives telles que le collage, la sérigraphie et le montage, les contributions individuelles évoluent vers un ensemble brut et polyphonique. Nous clôturerons le 30 avril, lors de la nuit de Walpurgis, en guise de célébration des pratiques qui ont fleuri dans l'ombre.

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